L’arrivée en France

Le transport en bateau

Le 12 octobre 1939 à Haiphong, un paquebot nommé Yang Tsé qui comportait de la marchandise et 1396 passagers dont mon grand-père, se dirige vers Marseille pour 40 jours de mer avec des escales. Les passagers sont entassés les uns sur les autres sous des cales sans matelas et sans hublot. Mon grand-père disait que sous ses cales, ils ne pouvaient même pas se tenir debout, ils faisaient leurs besoins à leurs pieds et que pendant les escales, il leur était interdit de sortir du paquebot. Entre les maladies, le peu de nourriture, le mal de mer, la moindre plainte était puni en se faisant battre et les morts s'accumulaient.
En 2 ans, il y aura eu 15 bateaux avec 19 276 vietnamiens dont 109 décès, 1 disparu, 29 déserteurs et 33 hospitalisés.

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Marseille

Fatigués de leur pénible traversée, ils seront directement placés dans la prison des Baumettes qui leur servira d’hébergement. À leur arrivée, on leur donne un vêtement chaud et une couverture. L’endroit était surpeuplé et la prison séparée des hommes et des femmes. Mon grand-père me racontait qu'on les avait rapidement installé dans des petites chambres de 6 personnes, il n’y avait pas de portes et les fenêtres avaient des barreaux. L’état sanitaire de la prison était désastreux dans un milieu de promiscuité extrême et un amas de poussière et de boue recouvraient les murs et les sols non bétonnés. La nourriture se composait uniquement de pain et de café.
Le personnel de la prison les surnommait les “Indigènes” ce qui provoquait des bagarres et des sanctions étaient prises comme des suppressions de ration, des coups, des enfermements.

Témoignage de Mireille Fernandes

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