Le travail

En usine

Il existait plusieurs usines de poudrerie un peu partout en France, la main d’œuvre fût dispersée un peu partout et mon grand-père s’est retrouvé en Lorraine, à Knutange. Il fallait 3 jours de train à bestiaux pour rejoindre ces usines avec 40 personnes à l’intérieur. À leur arrivée, ils logeaient dans des petites baraques en bois ou dans des bâtiments.
Le travail consistait à fabriquer des amorces de cartouches à canons à partir d’une poudre jaune. Celle-ci était très nocive même avec l’utilisation de gants et dû à sa propagation, certains avaient perdu le goût et d’autres avaient des maux d’estomac jusqu’à vomir avec des irritations douloureuses. Un grand nombre de cette main d’œuvre a dû être hospitalisé dont mon grand-père. Il fut atteint de la tuberculose et dut partir en sanatorium. Les travailleurs étaient rémunérés à hauteur de 50 francs par mois, soit 7,62€. La défaite de la France en juin 1940 va surprendre et le travail des poudreries cessera brusquement.

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La vie des camps et des hopitaux

Après la fermeture de toutes les usines, les travailleurs Indochinois seront en arrêt de travail et seront regroupés dans des camps avec une prison entourés de barbelés.
En 1943, les Indochinois furent employés dans des travaux forestiers, agricoles et industriels. Les pensionnaires n’avaient pas le droit de sortir juste pour aller travailler. Il y avait un couvre-feu, mon grand-père ne le respectait pas, il en profitait pour aller boire un verre avec ses amis après le travail. Il se souvient que si l’heure n’était pas respectée, il subissait des coups, des emprisonnements, voire de la privation de nourriture et des insultes. Parfois il ne mangeait qu’une fois par semaine car il y avait une pénurie de vivre dans la France entière.
Pour les Indochinois blessés ou mourants, ils étaient placés dans les hôpitaux les plus proches, dans une petite chambre malpropre. Battus, les Vietnamiens devaient faire des échanges de cigarettes ou payer le personnel pour recevoir des soins ou de la nourriture sinon ils étaient abandonnés à leur propre sort.
Sur 19276 Vietnamiens, 1061 ont trouvé la mort, 869 ont cédé à la tuberculose, de faim et diverses maladies. Il y eu 21 accidents de travail, 34 par accident ou homicides, 7 par suicide, 49 décès de guerre.

Témoignage de Françoise Adler

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