La libération

Ceux qui restent

Il y eu ceux qui sont restés, ils représentaient un millier de personnes sur les 19 276 d’arrivées. La raison était la rencontre avec une Française, certains avaient fondé une famille, ce qui fût le cas de mes grand-parents. Installés, ils trouveront un travail fixe. Mon grand-père travaillera à l’usine métallurgique de Knutange jusqu'à son attaque cérébrale en 1974 qui le plongera dans le coma et qui le rendra hémiplégique. Dû à sa maladie, sa retraite fut très modeste car ses années de travail ne furent pas comptabilisées, il meurt en 2002. Certains Vietnamiens auront une belle carrière avec une certaine reconnaissance.

Témoignage de Françoise Adler

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Le rapatriement

En 1944, après la libération, 14 000 Vietnamiens attendaient pour retourner au Viêtnam. Il a fallu 3 années pour les rapatrier et la plupart n’avaient pas vu leur famille depuis 10 ans. L’un des moyens les plus rapides pour rentrer était de se faire arrêter pour “atteinte à l’intégrité du territoire français et à l’autorité de la France”. Les traversées n’étaient pas meilleures qu’à leurs arrivées, il y eu 20 décès de plus. Le seul remerciement de la part de la France envers cette main d’œuvre forcée fut un minime versement de compensation. Une fois les Vietnamiens arrivés dans leur pays, le retour se passa par le camp de travail qui se trouvait à Cap-Saint-Jacques. Ils ne comprenaient pas pourquoi on ne les laissait pas rejoindre leurs proches directement.
Pendant ce temps, certains avaient trouvé du travail stable en France tout en attendant un rapatriement qui n’arrivait pas. En 1948, le Ministre des Colonies décida qu’avant le 31 décembre 1952, tous les travailleurs Indochinois quitteraient le territoire et après cette date, ils devraient financer leur retour par leurs propres moyens.
De retour auprès de leurs proches, après des années d’exil, il fallait affronter la méfiance de leurs compatriotes. On les soupçonnait de travailler encore pour les Français. Mais plus tard, les regards se sont inversés car ces travailleurs ont commencé à toucher une retraite française. Certains sont rentrés et on apprit que leur famille avait disparu.